Les producteurs de vins sont-ils les producteurs de musique de demain ?

Force est de constater que la tendance est au festival hybride. D’abord hybridation esthétique où la pluri/trans/inter- disciplinarité devient un critère de subventionnement. Très bien, on fera du pluri/trans/inter.

Plus curieux, on assiste depuis quelques années à une affiche plus explicite des sponsors, notamment des vignerons, qui n’hésitent pas à faire de la musique un produit d’appel à leurs spiritueux. Le vins producteurs de musique, qui l’aurait cru ? Citons le Vin’ovalie Jazz, ou le très explicite Foire aux vins de Colmar, qui ont désormais les moyens de se payer une Maurane, un M, un Shaka Ponk ou un Texas. Bien sûr le sponsoring – par des entreprises d’alcool ou autres – n’est pas né d’hier. Les marques de bières les plus connues ont toujours trainé parmi les plus gros festivals. Un indice quant à la difficulté financière de ces dispositifs scéniques qui en demandent économiquement toujours plus malgré un étau qui se resserre chaque année un peu plus, c’est la nomination de scènes aux noms de ses sponsors alcoolisés, pour faire plaisir à leur « blonde ».

La mauvaise nouvelle, c’est que la musique se laisser happer par des producteurs qui, même s’ils sont fortement amateurs de musique, ne connaissent a priori pas grand-chose à la programmation musicale. On peut alors redouter un effet de concentration évident, avec des têtes d’affiche, et des têtes d’affiche seulement, pour attirer un maximum de publics et vendre un maximum de cartons de 6.

La bonne nouvelle c’est qu’outre cette proposition d’une musique qui n’est pas financée pour sa création, l’expérience spectatorielle offre un packaging peu déplaisant. Au menu, mets locaux, avec l’incontournable fromage de chèvre du coin et dégustation de vins, avant le concert (plus tellement) tant attendu (hips !), le tout dans un cadre à demi-champêtre.

D’autres secteurs d’activités ont investi la scène de la même manière, comme c’est le cas des banques, qui désormais donnent « le La », paraît-il. Mais à coup sûr, il paraît plus compliqué d’imaginer une plus-valu sur ce genre de soirée… A moins qu’ils ne fournissent des cartes bancaires avec des comptes bien remplis aux festivaliers ?! … A bon entendeur…

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