Je voudrais te revoir, briller de méta-stars !

Le star system est une nébuleuse qui a souvent été scrutée par la sociologie ou l’information-communication, et continue de l’être. Pourtant on parle peu de l’échelonnement de la starification que la massification du système, notamment dû au numérique, a amené.

Depuis quelques années, il y a être star et être star. Il y a ceux qui ont établi leur carrière avant les années 2000, et pour la plupart d’entre eux, sortir un album revient à aller acheter un paquet de TUC dans une supérette : c’est facile. Il y en a même qui ne demande rien à personne et qui en un rien de temps redevienne personnalité préférée des français, et se voit pris et repris à tour de chant.

Et puis il y a ceux qui vivotent, au travers de petites presses, de petites maisons de radios et de petites émissions sur les chaînes câblées à heures de petites écoutes.

Mais alors qu’est-ce qu’être star à l’heure du numérique ? La volatilité du concept, peut-elle redéfinir la figure de star ? Existe-t-il des petites stars aujourd’hui ? Des éphémères que la médiatisation pourrait faire oublier comme faire revenir à n’importe quel moment ?

Dans son article « Du star system au people : l’extension d’une logique économique », Jean-Pierre Esquenazi parlait déjà d’un genre nouveau du people : les méta-stars. « Certaines stars, que l’on pourrait appeler les « méta-stars » joue un rôle particulièrement important à l’intérieur de cette logique économique : leurs positions leur permettent de rendre visibles les autres personnalités starisées, de leur fournir un lieu d’exhibition de leurs propriétés particulières. Elles sont le plus souvent animateurs et producteurs d’émissions de télévision à fort battage médiatique. »

Du haut de son canapé rouge, Michel Drucker ne s’est certainement jamais dit : « Ah ! c’est moi la méta-star, certainement pas mes invités ! » Et pourtant. Les médias contemporains jouent sur cette méta-notoriété afin d’ étalonner une hiérarchisation de la starification. Quelques exemples ? Facile… La ferme célébrités (mais quelles célébrités ?), Dans avec les stars (mais quelles stars ?), Les anges de la télé-réalité (mais quels anges ?), etc…

C’est là que les télé-crochets musicaux ont leur tort. A promouvoir des chanteurs en batterie, une grande partie reste sur le carreau à jouer les starlettes de comptoir dans des clubs et des caves de villes ne dépassant guère les 7568 habitants. Que faire face aux machineries comme Les Enfoirés qui sont, par essence, des lieux de concentration de méta-stars, bien indépendants de leur volonté, bien sûr ? Médiatiquement, l’écart se creuse de plus en plus entre stars d’influence et stars d’un soir.

A l’heure du numérique, est-il encore possible de devenir une méta-star ?

Puisque c’est la semaine de sortie du très indochinesque Black City Parade, je parodierais quelques vers du « Kill Nico » : « je voudrais te revoir, briller de méta-stars, j’ai envie de te voir, et cracher sur la gloire ! »

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Jean-Pierre Esquenazi, « Du star system au people : l’extension d’une logique économique », Communication [En ligne], vol. 27/1/2009,  mis en ligne le 23 avril 2010. URL : http://communication.revues.org/index1247.html

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