Les sciences de la communication et les arts du spectacle face à la construction du genre et de la sexualité

LES SCIENCES DE LA COMMUNICATION ET LES ARTS DU SPECTACLE FACE À LA CONSTRUCTION DU GENRE ET DE LA SEXUALITÉ

Les sciences esthétiques et les sciences de l’information et de la communication ont donné le jour à un département à l’Université Toulouse II – Le Mirail, presque unique en France, qui a pour ambition de faire entrer en dialogue les arts de la scène et la communication. Si pédagogiquement, le département Art&Com répond aux attentes d’une « philosophie » médiaculturelle[1] identifiée comme telle dans notre société contemporaine, les espaces scientifiques pour prolonger ce dialogue manquent parfois à l’appel.

Pourtant, chacun de ces champs disciplinaires prend régulièrement des objets similaires pour étude. Ils ont d’autant plus intérêt à se ménager des espaces de dialogue interdisciplinaire qu’ils usent parfois des mêmes leviers de compréhension pour comprendre et analyser notre société contemporaine. Les arts du spectacle comme les médias témoignent, chacun à leur manière, des représentations dominantes dans la société contemporaine et des formes de résistances qui peuvent s’y opposer, ce que le travail des chercheurs en esthétique ou en sciences de la communication contribue à mettre en évidence et à rendre plus intelligible.

Plus particulièrement, qu’il s’agisse de média ou de la scène théâtrale ou chorégraphique – pour ne prendre que ces exemples -, la notion de construction sociale du genre et/ou de la sexualité sont au premier plan des travaux de recherches sur la place toulousaine. Ainsi les travaux de Marlène Coulomb issus des gender studies et ceux de Muriel Plana issus des queer studies semblent pouvoir constituer un point de départ intéressant pour expliciter ces liens et leurs éventuelles convergences.

Parmi les points d’accroches que l’on peut relever :

–          En quoi les constructions sociales du genre et de la sexualité constituent-elles des outils pour une lecture critique de  la société contemporaine ?

–          Comment articuler l’approche du sexe, du genre et de la sexualité (comme Elsa Dorlin[2] qui lie les trois et considère le sexe aussi comme une construction) ? Peut-on parler de l’un sans aborder les autres ?

–          Dans une approche comparatiste, quels  sont les points communs et les différences de traitement de ces constructions sociales lorsqu’elles sont abordées par un média ou par les arts du spectacle ?

–          En quoi cette construction sociale du genre ou de la sexualité interagit-elle avec le politique ? La « scène politique » est-elle un lieu privilégié pour observer la construction sociale du genre ? Lorsque cette question est abordée, politise-t-elle de fait le média ou l’œuvre d’art qui se donne cette question pour sujet ? En quoi une forme scénique (théâtre, cirque, danse, performance…) ou cinématographique mettant en scène les théories queer dépolitise ou repolitise le propos de la construction sociale des sexualités ?

Pour fédérer le propos autour des sciences esthétiques et des sciences de l’information et de la communication, nous proposons une journée d’étude consacrée à la construction sociale du genre et des sexualités, prévue en novembre 2014.

Professeur.es, doctorant.es et étudiant-e-s de master toulousain.es sont invité.es à communiquer en nous présentant tout ou partie de leurs travaux de recherche. L’objectif de cette journée n’est pas de contraindre les chercheurs à communiquer sur un sujet précis, mais plutôt de faire un état de l’art d’une thématique au sein de l’Université toulousaine. Des espaces de discussions longs seront privilégiés afin de nouer un dialogue entre les deux champs disciplinaires. Dans cet esprit et pour favoriser le dialogue, nous ne distinguerons pas un temps pour les communications en sciences esthétiques et un temps pour celles en information-communication, mais nous aurons à cœur d’entremêler toutes les communications de ces deux champs disciplinaires.

Nous souhaitons ne convier que des chercheurs.euses issu.es des sciences esthétiques (théâtre, cinéma, arts visuels, danse, cirque, etc.) et des sciences de l’information et de la communication, ainsi que quelques artistes pour éclairer cette thématique à la lumière de leurs créations.

[1] Eric Maigret et Eric Macé, Penser les médiacultures : Nouvelles pratiques et nouvelles approches de la représenation du monde, Armand Colin, 2005, 186 p.

[2] Elsa Dorlin, Sexe, genre et sexualités, Paris, Presses universitaires de France, 2008, 153 p.

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