Ana Moura et la folie du fado

2335338_20121015075737_976231021Le fado ? Cette musique plaintive, déchirante, crève-coeur d’origine portugaise. Un peu comme le flamenco mais en moins rythmé… Et bien ce même fado connaît aujourd’hui une nouvelle ambassadrice qui le rend plus lumineux.

Ana Moura présente Desfado, s’ouvrant sur la chanson éponyme joviale, aux sonorités grecques. Passant du portugais, à l’anglais, Ana fait parfois penser à ces chanteuses de jazz alla Diana Krall où les rythmes ralentis par leur voix suave viennent épouser avec force la langueur des musiques mineures, comme pour A Case Of You, Havemos De Acorda (et l’apparition d’un son cuivré), et le très jazzy A Minha Estrela.

La grande force de cet album est de rendre accessible par ces envolés quasi-lyrique (Até Ao Verao) un genre musical qui se veut traditionnellement lourd et empesé de tristesse. Ana Moura rappelle que derrière chaque nuage se cache un soleil (E Tu Gostavas De Mim, Com A Cabeça Nas Nuvens).

Cette femme de caractère qui ne se laissera pas mentir (Thank You), par ses rêves de feu (Dream of Fire), tient tête à une idée du fado trop figé.

Que les puristes se rassurent, l’album comporte quelques pépites de fado bien traditionnel : ne reste alors qu’à profiter de chaque mot comme une complainte d’Amor Afoito, comme sur Fado Alado ou A Fadista.

Despiu A Saudade referme la porte sur un fado ô combien intelligent parce que renouvelant le genre, mais une porte entre-ouverte au cas où l’on veuille y revenir. Et on y revient.

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