Stephan Eicheir – L’envolée d’un artiste

L'Envolée - Stephan EicherLa preuve ! La preuve en est qu’il n’est nul besoin de grosse production pour faire un album parfait ! Cela faisait longtemps que l’on attendait de s' »Envolée » avec Stephan Eicher, c’est chose faite. Cet album est une jungle. La plupart des morceaux commencent par un même riff de guitare sinueux et lancinant. On se croirait dans un brouillard de lianes, en milieu hostile. Puis Stephan nous montre le chemin en coupant à la machette tout ce qui se tient sur son chemin. A chaque chanson, il nous surprend à nous emmener sur un chemin ouvrant à des paysages de verdure musicaux d’une beauté limpide. Illustration parfaite avec l’ouverture Donne-moi une seconde, si sombre jusqu’à l’apparition du choeur planant et fantomatiques.

Mêmes effets pour Le sourire ou Dans ton dos. Ces trois chansons révèlent la poésie à la Eicher, une plume concrètement imagée (c’est un concept, si si !).

Prendre le temps, c’est sûrement un des secrets de cette réussite. En témoigne la rengaine de Tous les bars, montée en puissance d’un seul couplet, à toutes ces femmes de comptoir. Même idée avec Elle me dit (rien n’à voir avec Mika, le pauvre !), ce blues jazzy fumeux mi-plaintif, mi-sensuel.

Mais derrière l’homme amoureux, se cache aussi un homme en colère. L’album se divise presque en deux moitié parfaite : une première faite du sentiment amoureux sous plusieurs formes, une autre plus politique.

C’est Envolées qui annonce la couleur sur les dérives capitalistiques. Puis Tout doit disparaître raconte la fin d’un petit commerce avant de laisser place à l’illustration même de cet album : que faire lorsque La relève n’arrive pas ? Inquiétante question…

Belle conclusion avec L’exception : si le monde environnant est hostile, n’ouvre à personne, « mais fait une exception pour moi ».

On ne parlera de Morge, Du et Schlafield que d’un point de vue musical. Malgré la langue étrangère, ces trois morceaux ponctuent l’album comme de lentes respirations : parfois ne pas comprendre est rassurant.

Si l’album est dur dans ses mots, il est bon dans sa production. Alors pourquoi s’en priver ? Reste à comprendre cette pochette, si intrigante… !

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