« Say my name, Say my name… » , dialogie commerciale et artistique du nom de scène 1/7

Scandés, criés, hurlés, les noms de scène font partie des premiers éléments d’identification qui cristallisent, autour d’une personnalité, le processus de starification. Or si la question de la starification a été largement débattue de part et d’autre de l’Océan Atlantique – en Europe et Amérique du Nord – comme de part et d’autre de l’océan de la médiatisation – par l’entrée des stars ou celle des fans –[1], le nom de scène, élément jusqu’ici peu abordé lors d’études universitaires, prend une envergure sociale, marketing et économique qu’il est intéressant d’analyser aujourd’hui.

Intéressant d’analyser pour de multiples raisons. Tout d’abord, parce qu’en quelques années, le nom de scène est devenu un enjeu fort de reconnaissance et d’identification, non seulement artistique, mais aussi commercial et économique. D’autre part, parce que la mise en visibilité de soi, voire la mise en marque de soi, n’est plus l’apanage des personnalités les plus médiatisées. Il convient désormais d’inclure à cette réflexion les personnes non médiatisées qui pourtant usent de stratégies tout aussi développées sur ce sujet.

Nous limiterons notre propos aux secteurs des musiques amplifiées, aussi appelées et parfois confondues avec les musiques populaires ou musiques actuelles, i.e aux musiques non savantes.

Pour conduire cette analyse à bien, nous avons opté pour une approche comparative sur trois personnalités, ou devrait-on plus parler de types de personnalités : une star internationale pre années 2000, une star nationale post années 2000 et un groupe de musique en quête de médiatisation. Respectivement, Céline Dion, M. Pokora et Misteur Valaire. S’appuyant sur l’ouvrage méthodologique de Cécile Vigour, La Comparaison en Sciences humaines et sociales[2], l’article présent se propose d’être la synthèse d’un travail analytique sur les contiguïtés d’usage des noms de scène des trois artistes susnommés.

Nous proposons quelques posts dans les semaines à venir sur cette question. Nous contextualiserons dans un premier temps l’espace qui est donné aujourd’hui aux noms de scène, conséquence directe d’une densification du nombre d’artistes dans le secteur musical[3]. Nous reviendrons ensuite sur le cœur de notre analyse comparative en évoquant les grandes similitudes qui peuvent rapprocher nos trois sujets et montrer en quoi l’homogénéisation des noms de scène re-conceptualise la notion de marque dans le secteur musical. Enfin, nous aborderons plus spécifiquement cette question sous l’angle des artistes en devenir, autrement appelés « nouveaux amateurs », afin de montrer que la définition de la marque dépend aujourd’hui aussi de cette population, pourtant non médiatisée.


[1] Pour une approche comparatiste et synthétique de la notion de célébrité, voir Heinich, 2011.

[2] Vigour, Cécile. 2004. La comparaison dans les sciences sociales : Pratiques et méthodes. Editions La Découverte.

[3] Lorsque nous évoquons le secteur musical, nous entendons alors l’industrie, composée de ses majors et ses labels indépendants, ainsi que tous les artistes se produisant de façon semi-professionnelle et amateur.

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