Il a fallut parcourir beaucoup de Distance pour arriver aux Grands espaces (1/2)

Point d’écoute sur deux albums sociaux, chacun à leur manière.

Honneur aux dames. Isabelle signe un nouvel album intéressant avec la patte « Biolay ». Ils n’en sont pas à leur coup d’essai, mais sur un album country, le duo/duel se joue de leur complicité. Cet album est une sorte de carte postale du Québec (Fin octobre, début novembre) avec pour thème principal la country. Car on ne le comprend pas bien ici en France, mais au pays de caribous, la country est un peu notre chanson française alla Barbara ou Brassens à nous. Cela fait partie de notre culture, de notre patrimoine, de notre enfance ; elle est chère aux classes populaires et ouvrières.

L’album est composé de quelques belles reprises (Souffrir par toi n’est pas souffrir, grande époque de Julien Clerc, dont il faut absolument ré-écouter Jaloux) sans prétention.

Alors que les chanteuses à voix (qui plus est québécoises) n’ont plus le vent en poupes, Isa et BenJ (que je connais personnellement bien sûr) ont utiliser la voix de la chanteuse à contre-sens. Jusqu’ici, c’était à celle qui poussait le plus fort. Ce temps est révolu, et Isabelle Boulay n’est plus « over-réverbérée » et ne cherche plus les démonstration de décibels.

Bien au contraire, Biolay privilégie la multiplicité des plans sonores (avec l’Alto de la première chanson, ou le sifflement de Partir au loin), nous plongeant ainsi dans les méandres d’une écoutes palimpseste.

De Jolie Louise à All I want is Love, les rythmes down-tempo nous font parcourir des paysages d’automne mélancolique mais mangifique. On note la présence de Dolly Patron sur la chanson True Blue : le contraste des deux voix est étonnant !

Et puis Benjamin a pris sa plume, alors forcément on le reconnaît tout de suite (Voulez-vous l’amour). Et malgré cette attente quasi lassante, il arrive toujours à surprendre, preuve d’une grande virtuosité. Trépignant d’impatience d’entendre un duo des deux complices, Summer wine, ou la Dark Side D’Isabelle Boulay assouvi notre soif d’équivoque.

On aurait attendu un accordéon sur la chanson Mille après Mille, qui aurait été un clin d’oeil amusant entre une country bien de chez eux et un instrument bien de nous.

Et puis, et puis… il y a At Last, pourtant repris dans 27879594 versions différentes. Chacune est un succès à sa manière, comme quoi sa « mère » Etta James, décédée il y a peu, peut en être fière. La trompette de Boilay est une excellente idée pour la revisiter.

Il y a des chances pour que toute la beauté et l’élégance de l’album passe quelque peu à côté du public français qui n’a pas la même histoire que le public québécois avec la country. Une sûre est chose – ou l’inverse – Isabelle n’est rien d’autre qu’un grand cru d’été : elle se bonifie avec le temps… Summer Wine

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