Pour que les labels indépendants soient plus… indépendants (2/2)

Comment donc détourner l’attention des artistes d’un même label, à l’enseigne qui les fédère ?

Quelques travaux de chercheurs sur le sujet [Tirole, 1993] montre ce que tout le monde peut intuiter : un consommateur satisfait par une producteur culturel sera plus enclin à revenir se fournir chez ce même producteur.

Rappelons que la musique est un bien d’expérience, et que de ce fait, le consommateur ne connaît pas a priori le potentiel de satisfaction que lui procurera un achat éventuel – ce qui explique, sans le justifier, le succès du streaming ou du P2P. Le star system permet donc de rassurer les consommateurs au travers d’achats répétés auprès d’une même « marque » face à l’hétérogénéité des propositions.

Imaginez donc que le mécanisme de vedettariat ne soit plus focalisé sur vos artistes, mais sur votre label.

Deux applications concrètes :

– D’une part, imaginer quelques évènements qui tournent autour du label. Pourquoi ne pas imaginer « la semaine de la musique indépendante », où toutes les salles de 200 à 1000 places de jauge des grandes villes joueraient le jeu de n’inviter que des artistes « indé ». Ok, si l’on veut qu’un tel évènement ait lieu, il va falloir du politique ! Autre idée : pourquoi ne pas imaginer un festival au nom du label ? Le festival « Naïve », ou les « nuits Tôt ou tard » qui présenteraient vos artistes… Car on en est rendu là. Ce ne sont que des exemples.

– D’autre part, il devient primordial d’exposer une identité visuelle des labels. Il serait aisé, et certainement très percutant – d’autant que cela ne se fait encore à notre connaissance – d’imaginer un visuel qui soit appliqué à toutes les sorties de disques d’un même label. Nous n’avons rien inventé, mais « volé » l’idée à la littérature. Certains éditeurs ont une présence visuelle très marquante, qui leur permet – Ô comble de la joie pour un producteur d’œuvres culturelles – d’installer l’image d’une marque « éditeur » qui devient un gage de qualité. Exemples chez Actes Sud, Gallimard ou Grasset qui bénéficient d’une aura suffisamment qualitative pour que certains lecteurs achètent leurs nouveaux auteurs sans les connaître, simplement par confiance de la maison d’édition.
A quand donc un visuel spécifique à un label, décliné sur tous ces artistes : les plus médiatisés se feront l’écho des plus petits et ainsi nourrir un marché plus diversifié ?

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