Pour que les labels indépendants soient plus… indépendants (1/2)

Depuis la fusion d’EMI avec Universal, la situation des labels indépendants n’a jamais été pire depuis ces vingt dernières années. Malgré quelques labels qui tiennent la tête hors de l’eau (Voir l’article d’allômusic), les micro-structures mettent la clé sous la porte une à une (Voir l’article de Trempo sur la nécessité de conserver ces petites structures).

Travaillant en ce moment sur la notion de marque dans l’audiovisuel (Cf le colloque international sur la marque dans le secteur audiovisuel), nous nous sommes aperçus que c’était certainement la variable qui manquait le plus aux producteurs de musique, autant pour les majors que pour les indépendants. Nous ne sommes pas là pour la faire la promotion de la marque. Des travaux intéressants ont démontré leur manière systématique d’aliéner et de faire appel au système de vedettariat (star system) [Esquenazi, 2009 ; Benhamou, 2002].

Mais la marque, dans cet esprit de concurrence  – c’est d’ailleurs comme ça qu’elle était pensé lors des premiers lancements d’acteurs-produits hollywoodien au début du XXe –, paraît être un atout incontournable pour que les labels indépendants deviennent « compétitifs », au même titre que les majors. L’idée serait alors de détourner l’attention portée jusqu’ici sur l’artiste vers le label.

Depuis quelques années, la communication des labels en tant que labels a été grandissante. « Un disque Universal ». « Je veux signer chez AZ ». Autant de mise en avant des maisons de disque qui veulent faire de leur nom, un gage de qualité. Jusqu’ici les labels indépendants n’ont pas joué franchement cette carte qui pourrait être un argument « marketing » de choix, en tant que différenciation, puisque par définition ces structures se situent en marge des promotions et consommations « dites de masse ».

Tout l’intérêt d’une marque est qu’elle repose sur une image. L’idée que l’on se fait d’elle. Alors bien sûr, pour qu’il y ait image, il faut qu’il y ait promotion, et l’on retombe dans ce déséquilibre économique, par nature déloyal, entre une major et un label indépendant. Mais tout de même, notre idée semble réalisable, d’autant que d’autres secteurs en ont fait l’expérience…

Il pourrait être intéressant de trouver des astuces qui permettraient de valoriser le label, plutôt que l’artiste.  Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? La suite demain…

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Benhamou, Françoise. 2002. L’Economie du star-system. Odile Jacob.
Esquenazi, Jean-Pierre. 2009. « Du star system au people : l’extension d’une logique économique ». Communication (Vol. 27/1). Consulté janvier 13, 2012 (http://communication.revues.org/index1247.html).
Morin, Edgar. 1972. Les Stars. Seuil.

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