Pourquoi la création du CNM est (au départ) une bonne idée…

A force de précipitation de la part du gouvernement, un certains nombre d’acteurs impliqués dans la création du CNM commencent à se poser la question du bien-fondé de cette structure.

Petit rappel sur le pourquoi du comment…

J’ai lu pour vous le rapport sur la création du Centre National de la musique, que vous pouvez retrouver ici.

Ce dernier, nommé « Création musicale et diversité à l’ère du numérique » a été écrit comme un observatoire faisant état de cause de la situation actuelle de l’économie des différentes structures musicales.

La question s’est principalement posée en termes de « concurrence » avec l’institution que représente aujourd’hui le CNC pour le cinéma. Et pour cause : « A titre de comparaison, l’industrie cinématographique a perçu, en 2010, environ 297 M€  d’aides directes, pour une consommation finale de 2 234 M€.  le ratio « aides / consommation » est donc de 5 % dans la musique contre 13 % dans le cinéma. Ainsi, le producteur phonographique assume la quasi-totalité du risque de son projet, alors que dans le cinéma, le producteur délégué n’assume, en moyenne, qu’un quart de ce risque (les trois quarts étant pris en charge par les aides du CNC, les préachats des diffuseurs, les investissements des SOFICA…). » (p.68)

En effet, toute la nécessité du CNM réside dans ce seul argument : « La faiblesse des ressources financières est aggravé par la dispersion des guichets d’aide, qui forment un maquis au sein duquel est parfois difficile de s’orienter. Un même projet est en général éligible à plusieurs guichets, appliquant des critères d’attribution proches mais non harmonisés,sans que les objectifs propres de chaque dispositif soient toujours clairement définis. Cet état de fête permet aux porteurs de projets de multiplier ses chances d’obtenir au moins une subvention, il ne concourt pas à l’émergence d’une politique de soutien ciblé et raisonnée, fondée sur des priorités claires et des données objectives. » (p.68)

Il paraît en effet peu probable de pouvoir ériger une politique nationale de l’essor d’un domaine si les institutions financières ne sont pas en rapport entre elles. On connaît (ou on est) tous un groupe ou un artiste qui rempli des demande d’aides ou de subventions auprès d’un nombre infini d’acteurs qui ont tous un nombre infini de formulaires différents.

L’idée donc du CNM est fédérer la filière musicale. « L’objectif est de soutenir, par des aides plus importantes et mieux ciblées, la diversité de la création musicale, d’améliorer la diffuser des ces contenus auprès des publics, notamment à travers les services numériques, et si possible de favoriser le développement et l’émergence de structures françaises. Les aides doivent être ciblées prioritairement sur ceux qui supporte le risque financierest allouées selon une double logique économique (soutien à une industrie culturelle qui investit dans la création et la diffusion) et culturelles (incitation à la diversité et l’émergence de nouveaux talents). » (p.87)

 » Le CNM […] doit assurer la défense des acteurs les plus faibles, maintenir la diversité et favoriser l’accès de nouveaux entrants. Il disposera d’une vision transverse à la filière. » (p.88)

Voilà pour l’utopie du projet. Est-ce vraiment ce qu’il va en sortir… ?

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